Un pont dans le paysage

La stabilité de l'ouvrage

Les concepteurs de l'ouvrage ont bien sûr été particulièrement attentifs à cet aspect. La ruine, même partielle de l'ouvrage, entraînerait, outre les dégâts au pont-canal lui-même, la vidange du canal et des inondations dans la vallée.

Les sécurités prises par le maître d'ouvrage sont les suivantes :

  • mandater un bureau de contrôle indépendant chargé de vérifier l'exactitude de tous les calculs ainsi que l'exécution des travaux. Ces prestations viennent s'ajouter, à celles habituellement dévolues aux agents du MET
  • dimensionner l'ouvrage pour des sollicitations inhabituelles. Par exemple, assurer sa résistance au séisme, à la surcharge due à un bateau coulé, à l'effet de la glace, à l'incendie d'un camion transporteur de combustible sur les voiries sous-jacentes,...
  • établir une porte de garde en travers du canal, à l'amont, permettant d'isoler rapidement le pont-canal du grand bief s'étendant jusqu'à Ronquières
  • imposer que tous les ancrages de câbles de précontrainte soient visitables. De plus les câbles peuvent être remplacés en cas de défaillance de l'un d'entre eux
  • garantir la qualité des matériaux mis en oeuvre, ainsi que des techniques d'exécution. Celle-ci doit répondre à des impositions particulièrement sévères.
Vue du chantier en février 2001
Vue du chantier en février 2001
© MET - 2001

L'étanchéité de l'ouvrage

Diverses dispositions sont prises pour assurer la parfaite étanchéité du pont-canal :

  • réduction au minimum du nombre de joints de dilatation : un joint en caoutchouc à double étanchéité à chaque extrémité
  • mise en oeuvre d'un béton particulièrement dense
  • mise en place du tablier par la technique du poussage , assurant une qualité optimale d'exécution
  • précontrainte tridimensionnelle du béton composant le bac, empêchant tout effet de traction, et donc toute fissuration
  • dispositions techniques particulières le long de chaque joint de reprise de bétonnage, avec la possibilité d'injections locales a posteriori
  • sur le fond du tablier, mise en place par collage à chaud d'une membrane d'étanchéité bitumineuse protégée par une couche d'asphalte coulé
  • sur les parois des bajoyers, mise en place par projection, d'une membrane résineuse
Vue du joint de dilatation
Vue du joint de dilatation. En couleur ocre, la membrane résineuse qui protège les parois des bajoyers
© Michel Maigre - 20 mai 2002
Disposés tout le long du pont, les rouleaux contenant les couches de protection
Disposés tout le long du pont, les rouleaux contenant les couches de protection
© Michel Maigre - 20 mai 2002

La sécurité des usagers

Protégé par un garde corps, les piétons peuvent se promener sur les chemins de service du pont-canal, dont la largeur a été portée à six mètres. La restructuration du réseau routier entre la sortie d'autoroute et le pont-canal tiendra compte d'une meilleure lisibilité des carrefours, et d'une plus grande convivialité pour les usagers lents (deux-roues, piétons,...).

Les piles supportant le pont-canal sont en béton armé de trois mètres de diamètre, et résisteraient sans dégât au choc violent d'un poids lourd en perdition.

Vue du chemin de halage
Chemin de halage rive droite (non terminé)
© Michel Maigre - 20 mai 2002
Vue des piles
Vue des piles
© Michel Maigre - 28 mars 2000

Respect de l'environnement

Les dimensions du pont-canal sont nécessairement imposantes. L'ouvrage s'affirme de lui-même dans le paysage. Selon le concepteur, point n'est donc besoin de le surcharger d'accessoires décoratifs. Au contraire, la simplicité des formes, la lisibilité naturelle des fonctions, la qualité des parements et la discrétion des équipements conduiront à une structure reposante et agréable à regarder.

L'utilisation des bajoyers (c'est-à-dire les parois latérales du bac), de très grande raideur, comme élément structurel principal permet de réduire le nombre de colonnes de support. Cela améliore la transparence de l'ouvrage ainsi que le champ de vision des automobilistes traversant le site.

Ces bajoyers , inclinés, offrent de par leur forme une protection des parements de l'ouvrage contre les précipitations et garantissent la pérennité de leur aspect.

La qualité des parements en béton est assurée par l'utilisation des matériaux de premier choix et l'usage de coffrage d'aspect voligé.

Vue générale du chantier en février 2001
Vue du chantier en février 2001
© MET - 2001
Sur ce document, on peu voir que le pont-canal s'intègre parfaitement dans le paysage
L'ouvrage s'intègre parfaitement dans le paysage
© MET - 2002

Les abords du pont-canal , les espaces situés sous le pont, ainsi que le noeud routier sont re-conditionnés en tenant compte notamment des recommandations formulées dans l'étude d'incidence du bureau AGORA. Les travaux correspondants doivent se dérouler en 2007 et 2008. Les espaces situés sous le pont-canal comportent des aménagements d'éléments minéraux, eux-mêmes agrémentés d'une pièce d'eau.

L'ensemble mettra en valeur un ouvrage qui s'inscrit comme élément du patrimoine et qui, au même titre que d'autres ouvrages érigés en Région Wallonne, concrétise la maîtrise de l'art de l'ingénieur et du savoir-faire de nos entreprises et bureaux d'études.

 
Les informations de base ont été fournies par la Direction Générale des Voies Hydrauliques.